dimanche 14 février 2010

A Tribute To Urban War!

A l'occasion des soldes, Artgamer, un magasin du coin que je ne porte pourtant pas dans mon estime (pour diverses raisons dont une que j'évoquerais dans cet article), a décidé de brader son stock de figurines Urban Mammoth, et ce n'est pas sans nostalgie que j'ai craqué un petit budget pour quelques unes de ces figurines et surtout pour les bouquins de règles des différentes déclinaisons du jeu que proposait cette petite boîte anglaise née des cendres du défunt I-Kore.


http://www.voidlegion.de/urbanwar/issue1.jpg
Au commencement était Urban War: en 2004, j'entends parler je ne sais où d'un jeu d'escarmouche novateur, d'une petite boîte qui n'en veut (ou en tout cas qui veut se relancer) et qui va proposer un jeu au tarif abordable. Ça tombe bien, j'aime l'escarmouche depuis Mordheim, à l'époque je suis plutôt fauché, et en prime je commence à tourner en rond avec les systèmes au tour par tour. Le format magazine me parait hyper intéressant, les figurines ne sont pas trop moches, et ils donnent un samouraï avec le numéro 1 (figurine jamais reçue, d'ailleurs).

Force Spéciale Viridienne,
peinte par votre serviteur
Les premières parties me confirment l'impression initiale: le système de jeu possède un vrai potentiel. Parmi ces innovations, le tour, divisé en 3 phases, et les activations alternées proposent des choix tactiques originaux et introduisent des situations nouvelles dans la guerre de table. On peut ainsi faire se côtoyer des réactions (tir en alerte ou riposte par exemple), des actions longues (tir visé, course), et la frénésie du combat (actions multiples, simultanées, etc...). Une nouvelle caractéristique, le Calibre, fait la différence entre la troupe de base et les héros, et indique la qualité générale du combattant, jouant à différents niveaux, selon l'action choisie. L'activation alternée donne un vrai rythme à la partie, tout en permettant aux joueurs de réagir très vite aux évènements. Je dois bien avouer que 5 ans après, je reste encore sous le charme de ce système si dynamique qui donne lieu à de vrais échanges, des batailles intenses et des tactiques variées. A mon humble avis, il s'agit d'un des meilleurs systèmes d'escarmouche quant à la retranscription de l'intensité d'un combat urbain, et c'est un plaisir de pouvoir à la fois jouer le sniper embusqué dont la cible finit par quitter le champ de vision, que le garde qui scrute une zone pour arroser le premier ennemi venu en passant par le Shockmarine qui enchaîne trois corps à corps dans le même tour (oh le gros bourrin).

Secutor Junker,
peint par PY
Assez rapidement cependant, quelques limites apparaissent: d'abord les gars d'Urban Mammoth ont l'air fâchés avec la statistique. En effet, l'utilisation du D10 sur des tests de valeurs plutôt médiocres et des modificateurs nombreux donnent en jeu des situations peu réalistes, et le tir souffre terriblement de cette erreur d'ajustement. La plupart des combattants sont incapables de dégommer des adversaires qui se baladent 3 mètres devant eux à découvert avec une plume dans le derrière, une succession de jets à faible chances de réussites rendant la manœuvre non plus risquée, mais quasi aléatoire. Il en va de même pour les actions supplémentaires, qui relèvent non plus du pari risqué, mais du coup de bol sur lequel il reste difficile de construire une tactique. Quelques déséquilibres dans les profils, ou dans les armes, qui rendent certaines troupes terriblement dangereuses, ou quasi impossibles à tuer. De petits bugs de jeunesse, par manque de playtesting sans doute. Mais au lieu de profiter du format magazine et des possibilités de mises à jour rapides, les mois passèrent sans que les correctifs n'apparaissent. Un peu de retard, également, dans les publications, et le manque de contenu réellement intéressant (Urban Mammoth semblait en permanence à la bourre, mais surtout se contentait de remplir des pages pour tenir les délais, plutôt qu'en y apportant du vrai contenu), puis un manque de cohérence flagrant dans le développement du jeu, et dans la communication eurent raison des bonnes intentions des premières heures et les quelques relances (formats de boites, règles téléchargeables, réédition des règles) ne parvinrent pas à rallumer la flamme.
En France, le suivi calamiteux par Artgamer, chargé de la distribution qui peinait à mettre le jeu en valeur au sein même de son propre magasin, et dont les traductions tardives et/ou calamiteuses retardèrent encore le lancement du jeu sur le territoire et ne permirent pas à ce système de trouver l'élan nécessaire pour impacter les fidèles des gros jeux et pour se creuser une place de choix dans les magazines ou les forums de joueurs.

Groupe de combat Viridien,
peint par votre serviteur

Parallèlement, le besoin d'argent se faisant sentir, Urban Mammoth, a rapidement cédé comme les autres à la tentation du combat d'escouades, plus rentable potentiellement, sans en avoir réellement les moyens, et en adaptant tant bien que mal ses règles à cette échelle, mais sans jamais vraiment revenir sur les dysfonctionnements. Malgré une gamme de figurines qui s'étoffait rapidement, avec du bon et du pire, c'en était fini d'Urban War et de ses rejetons.
C'est un peu à tout cela que j'ai pensé en fouillant les 3/4 grosses caisses où s'accumulaient en vrac les blisters à 50%, à l'influence que ce jeu à pu avoir sur mes expériences ludiques, et sur ma manière d'entrevoir le jeu d'escarmouche moderne. Et puis surtout au gros gâchis vis à vis de ce système, et du format magazine qui n'a su trouver ni son public, ni sa vitesse de croisière, pour se retrouver avec tant d'autres au cimetière des jeux de guerre de table.

http://lh4.ggpht.com/_vMl20VGHnX8/SgL2F6EGwdI/AAAAAAAAADw/4WcklOG17C4/signature.png

7 commentaires:

Gilthanas a dit…

Tiens, j'ai moi aussi profité des soldes chez Artgamer pour visiter les cartons Urban War, et m'en tirer avec une nouvelle bande pour Nécromunda :)

cully75 a dit…

pas trop dur avec Metropolis ? ce jeux ressemble tout de même beaucoup à son prédécesseur Void,plutôt facile d'accès et sympathique à jouer :) je n'ai jamais accroché sur urban war cependant...nous verrons ce que donne le nouveau distributeur de la gamme.

L'aubergiste a dit…

Metropolis est quand même un bel hybride qui essaie de faire tenir debout une mécanique pensée pour l'escarmouche à une échelle plus large. Pour moi de la part d'UM, c'était une erreur motivée par la promesse du volume de vente d'un jeu de bataille. D'une part ils n'ont jamais eu les reins assez solides pour soutenir un tel effort de guerre (production, rythme des nouveautés), d'autres part ils sont retombés dans les travers du système bricolé à la va vite, et qui, pour le coup, est loin d'être efficace ou de faire de l'ombre aux autres gros.
J'ai vraiment peu d'espoir pour le développement de ces jeux, alors que je soutenais UW à 200% au début, mais l'incapacité d'UM à rectifier le tir et à continuer sur sa lancée novatrice mais fait assez vite baissé les bras.

>Gilthanas, tu as un email, je cherche un club adulte et sympathique, tu pourrais m'en dire plus sur les MLF??

Trucidor a dit…

Je suis tombé sur ce post et me sens l’obligation de réagir car je suis attaqué directement.
Je pense que c’est dû à un manque d’information que je tiens donc à corriger en tant que gérant de Artgamer Distribution.

Tout d’abord il est à préciser que Artgamer distribution et la boutique Artgamer à Lille sont 2 sociétés indépendantes qui n’ont aucun lien à part le nom. Je déplore la situation dans cette boutique.

Pour reprendre les points qui me sont reprochés :

Tu n’aimes pas Artgamer… c’est ton droit le plus absolu ;)

Traductions calamiteuses : Sur quels critères tu te bases ? Il y a peu de fautes d’orthographe, aucun non sens, aucune erreur de traduction. Certains passionnés n’étaient pas d’accord sur les termes « vigilence » et « focalisation » mais personne n’a proposé de solution plus adaptée. Comparativement à d’autres traductions même chez les leaders du marché, il n’y a eu besoin d’aucun erratum ou FAQ pour corriger des erreurs de traductions.

Traductions tardives : 2 mois après le lancement. C’est vrai. Sauf qu’on avait les versions informatiques anglaises 1 semaine après la sortie du magazine anglais. 1 mois pour traduire, 1 mois pour imprimer… Et je peux dire qu’un mois pour traduire c’est court ! Il faut rédiger, faire relire, demander l’avis de la communauté pour le choix de certains termes, relire pour corriger les fautes, faire la mise en page, etc…

Il y a aussi un aspect budgétaire sur ce point car le volume de vente ne couvrait pas 30% de l’investissement. Trop lourd pour une petite société comme la notre.

La distribution du jeu a néanmoins pris un essor assez important contrairement à ce que tu dis. De nombreuses boutiques ont commencé à intégrer la gamme et le jeu se lançait tranquillement.
Ce qui a été un tournant décisif dans l’échec en France
- Manque de nouveautés de la part d’urban Mammoth pendant 6 mois (avec des tas de raisons valables mais qui pour le consommateur donnent une image de jeu mort).
- De nombreux repackagings qui nous ont fait perdre un temps fou et ont causé la panique chez certains revendeurs qui avaient les anciens moins intéressants.
- Un bazardeur de stocks a acheté à bas prix des stocks d’une boutique en faillite et à tout revendu sur Internet à un prix ridiculement bas. Cela a entrainé l’arrêt pur et simple de la gamme chez la totalité des boutiques. Plus aucune ne voulait vendre cette gamme qu’on trouvait à 30% du prix sur le net. Les stocks de ce site ont été liquidés mais les boutiques ont tout liquidé et arrêté de commander.

Sur notre travail de distributeur, nous avons livré les boutiques très rapidement, sans erreur. Avons fait un suivi commercial de qualité (c’est pas pour rien qu’on a plus d’une centaine de boutiques cliente) et avons procédé à de nombreuses démonstrations.

Nous somme responsables de l’échec du programme légionnaire qui consistait à motiver des passionnés. Nous n’avons pas su gérer correctement ce programme. Nous sommes une trop petite équipe et gérer ce genre de programme est lourd. Nous avons fait l’erreur de penser pouvoir gérer. Nous avons eu tord et je m’en veux énormément pour cela.

Pour le reste, critiques du jeu, manque de nouveautés, prix du marché cassés, etc… on ne peut pas y faire grand-chose.
On peut nous critiquer mais si urban War a été un échec mondial, ce n’est peut être pas de la faute du distributeur Français…

Personnellement, Urban War reste l’un de mes jeux préférés. J’adore le système. Metropolis tourne bien contrairement à ce que tu dis.

Enfin, pour ce qui est de Celtos, c’est un jeu dont la distribution exclusive a été donnée à 2 sociétés (dont Artgamer) quelques mois avant l’arrêt d’I-kore du fait d’un commercial mal intentionné qui est parti avec la caisse… On ne pouvait pas lancer la distribution d’un jeu qui n’avait qu’une armée de décrite et qui cessait toute activité…
Grosse claque pour Artgamer.

L'aubergiste a dit…

Tiens, Trucidor, ça faisait un bail! j'ai effectivement un peu de mal avec Artgamer boutique vers laquelle je m'étais tourné au début vu que je te connaissais depuis la Rose Of War (Kot, si jamais tu nous lis!!), et au sein de laquelle je n'ai pas trouvé mon compte notamment à cause de l'ambiance exécrable véhiculée par le staff (je m'excuse auprès d'eux, je ne doit pas être la target audience, mais c'est clair qu'ils me donnent envie de rater mon test de panique à chaque fois qu'on en arrive à discuter. Si tu n'es pas associé à ça, voila l'image que j'ai de vous, hélas).
Comme toi, j'ai beaucoup cru à Urban War, et mon article va vraiment dans ce sens. Comme toi j'ai été déçu par les faux pas d'Urban Mammoth, et par, je le maintiens, le suivi du jeu en France. Je sais les difficulté de la traduction, les délais foireux de la part d'UM, je maintiens que bien des termes traduits sont hyper maladroit, et que le style est pour le moins bas de gamme (certains concurrents ne font effectivement pas mieux, comme quoi ça ne s'invente pas). De mon côté, en tant que "client", l'image renvoyée n'était pas terrible. Les délais ont entrainé un décalage avec la presse, la lassitude des joueurs (les joueurs actuels fonctionnent beaucoup à la hype), le peu de visibilité n'a pas su embrayé les groupes de jeu... Je le redis, même chez Artgamer boutique, le jeu était à peine mis en avant, et pas une seule fois on m'a orienté vers lui quand je cherchais autre chose.
Je ne mets pas tout sur le dos d'Artgamer, et comme tu le dis l'échec mondial vous rend justice, mais pour le coup, en tant que joueur, et qui plus est qu'early adopter comme on dit la bas, j'ai jamais senti le vent dans le dos. Après évidemment que je conçois que la difficulté de la chose, surtout pour une petite société, reste que si pour toi ce fut une grosse claque pour Artgamer, pour moi il reste également le goût de l'amertume, pour un système qui comme je l'ai écrit reste un des meilleurs à mon goût, au moins en terme de potentiel. A la même époque se lançait aussi Warmachine, jeu tellement plus classique, qui a su, lui, faire son trou....
(au passage, il faut que je mail artgamer vpc pour un petit soucis avec la commande que j'évoque dans l'article, on en discute en privé)

L'aubergiste a dit…

Cela dit, je suis très content des précisions que tu as apportées, si tu le permets, je vais les insérer en encadré dans l'article lui même.

Anonyme a dit…

bonjour,

au cas ou cela pourais vous interesser, j'ai uun stock de figurines VOID et Urban war que je voudrais me séparer, si cela vous interesse, contactez moi (bertagall@hotmail.com). pour infos j'habite sur la métropole lilloise

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